Carte Blanche le 31 janvier 2017

Tapis dans l’ombre, ils amplifient la vibe festive d’une soirée en offrant du bonheur à vos yeux et font la beauté de vos clichés d’évènements dédiés aux arts électroniques. À Montréal et un peu partout où l’on sait vivre avec son temps, le Vj est l’artiste (caché) dont on ne tolère (pourtant) plus l’absence.

Marion Carassou-Maillan est Vj Ma” depuis 2003. Dès ses débuts elle a cherché à rassembler les communautés autour de l’art du vjing et de sa pratique. Forte de cet amour pour la collaboration et l’échange elle est aujourd’hui programmatrice et/ou coordinatrice du volet visuel de plusieurs festivals montréalais dont Igloofest qui entame son 4e et dernier week-end ce Jeudi.

Image en une : ©itsbarbarella

  • Peux-tu nous résumer ton parcours en grandes lignes ? Comment es-tu devenue Vj ?

J’ai fait mes études en Arts Plastiques et graphisme. Quand j’étais aux Beaux-Arts, je travaillais dans un groupe nommé “espace scénique”. À l’époque je faisais de l’animation de dessins abstraits, de la peinture et des photogrammes (principe de développement photographique sans prise de vue par camera). J’ai commencé à utiliser des logiciels de vidéo en temps réel pour pouvoir performer mes travaux. C’est plus tard que j’ai rencontré des gens dans la musique électronique qui m’ont dit que ce que je faisais se nommait du vjing. J’ai embarqué avec eux dans leur collectif pour jouer en partys et festivals de musique électronique.

  • Quelle a été ta révélation ? LE truc qui t’as fait réaliser que tu voulais faire ça, créer des images ?

La musique. Ça a été le point de départ et elle restera le point central de tout mon travail. Je suis une amoureuse de musiques électroniques et ma façon de l’exprimer passait toujours par mes mains. Comme au tout début je travaillais en arts plastiques, c’est rapidement devenu le point de rattachement. Ensuite quand j’ai découvert le monde de la rave et des festivals, je m’y sentais comme un poisson dans l’eau et ce fut clair que je voulais continuer dans ce milieu. En faisant cette pratique j’ai rencontré et joué avec beaucoup d’artistes différents et chaque performance a ses souvenirs, ses plaisirs, ses émotions.

  • Est-ce que ton inspiration aujourd’hui vient de gens qui font du Vjing (ou d’autres arts visuels) ou pas forcément ?

Pas forcément. Comme je te le disais je viens de l’art plastique, j’ai fait de la peinture, du dessin, du graphisme, de la photo, de la sérigraphie, de la couture, de l’architecture, (et peut-être même que j’en oublie). Mon inspiration vient plus de reflexions, de démarches artistiques qui m’ont toujours intéressée, intriguée. Ça me trotte tellement dans la tête qu’à un moment il faut que je le sorte, d’une façon ou d’une autre. Ces dernières années, ce fut beaucoup en images, en mouvement ou pas (je travaille aussi l’image fixe).

  • Tu nous donnes des exemples ? Qui sont tes idoles ? Quelles sont celles qui t’inspirent dans ton travail ?

J’ai travaillé longtemps un univers spatial, imaginaire, organique, minimal, matiéré , inspiré par des artistes de Land Art, des peintres, des architectes, de la géométrie dans la nature, du nombre d’or : Andy Goldsworthy, Frank Lloyd Wright, Franck O. Gehry, Joan Miró, le mouvement Bauhaus, le Futurisme…

Côté vidéo, quand je suis arrivée à Montréal j’ai été flabergastée par le travail de Dominique Skotlz et de Herman Kolgen. C’est venu me chercher profondément et a fait surgir en moi une envie de décortiquer mes réfléxions au plus profond.

Avec le temps et les technologies, l’art numérique s’est petit à petit introduit dans ma liste de choses intrigantes, les performances AV sont devenues de plus en plus définies et tight en termes de relation image/son. On peut difficilement passer à côté du label Raster Norton par exemple. Ensuite il y a eu la programmation informatique et le génératif qui ont fait irruption dans mon monde, je dévorais entre autre le blog Creative Application qui est une large source des créations numériques les plus actuelles.

Aujourd’hui, on dirait que je reviens au début de la loop. Bien sûr j’y intègre tout ce que j’ai ingéré toutes ces années…

  • Tu connais un peu tout de la scène des Vjs à Montréal. Tu y performes, travailles et collabores beaucoup. Explique à des gens comme nous qui n’avons aucune idée de votre réalité artistique comment ça fonctionne… Avez-vous une grande liberté pour créer l’univers onirique des performances que vous êtes invité(e)s à accompagner ou vous donne t-on un cadre, une commande ?

Haa, on rentre totalement dans le corps même de mon travail et de ce qui m’intéresse le plus ! Pour moi, un VJ est un artiste, visuel oui, mais d’abord un artiste, donc qui a une démarche artistique, des directions artistiques qui l’intéresse, des envies de création qui lui sont propres. Ceci prend beaucoup de temps à mettre sur pied, dans la conception, puis ensuite dans la création. Les Vjs que je book et les festivals avec lesquels je travaille vont dans cette direction. Je propose donc de “matcher” un artiste vidéo avec un artiste audio en fonction de leur travail respectif. Le choix se fait avec un souci de relation image/son soulignée.

Un Vj peut aussi être un opérateur, un technicien, un créateur de contenu random, mais ça m’intéresse moins.

  • Vient-on faire une performance avec un set pas mal prêt déjà en stock ou il y a t-il une place pour la création live et l’improvisation ?

La plupart du temps on vient avec du matériel déjà un peu préparé mais je te dirais que tout reste tout de même de l’improvisation et de la création en temps réel. On ne connait pas vraiment quel type de tracks le Dj va jouer, quel type d’ambiance il va y avoir sur le site, quel type d’éclairage, comment va rendre la scénographie et comment sera le public. Tout ces paramètres font beaucoup et sont pris en compte lors d’une performance.

  • Parle-nous de ton process, en studio tout comme en live.

Chez moi, je n’ai pas de process précis, ça dépend plutôt de ce que j’ai envie de créer. J’utiliserais en fonction des logiciels de créations d’image, de génération de forme ou encore de montage, en 2D ou en 3D.

En live, en ce moment mon trip est de monter deux logiciels de vjing l’un dans l’autre. J’utilise Modul 8 pour les matières, son côté plus live est cool pour aller triturer les images dans tous les sens puis ensuite Resolum pour le côté plus 4/4. Il est carré, stable, efficace et réactif pour les changements de tempos.

  • Montréal est gâtée de Vjs de talents. Chacun y a son univers propre, son style. On sent que c’est un art très personnel et que chacun cherche à être identifié par sa propre touche. Justement ce côté intime est-il propice à la collaboration ? Est-ce que les Vjs tout comme les Djs arrivent à travailler ensemble sur des projets communs ?

Ça se fait rarement, peut-être plus pour des raisons techniques, mais se fait tout de meme quelques fois. Le fait de pouvoir controller nos logiciels dans des systèmes comme du midi ou de l’OSC fait que nous pouvons prendre le contrôle à distance de notre matériel. Ainsi, plusieurs artistes peuvent travailler sur le même ordinateur.

Ensuite pour le côté artistique, je te dirais que c’est comme dans toute collaboration. C’est le fun pour mettre en évidence des atomes crochus.

  • Programmatrice à Igloofest, voici ton challenge : nous présenter en quelques mots l’univers des Vjs dont on va pouvoir admirer les oeuvres cette fin de semaine :

TSETSOUILLE – C’est un master en motion design à l’univers recherché et ludique. Jeudi soir il faut s’attendre à quelque chose de très adapté aux performances des Djs, plus dark, dans la trame électro, mais vendredi, durant le set de Green Velvet je pense qu’on retrouvera sa touche plus éclatante et  intense.

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©Lauren Casalta

https://vimeo.com/133182586  http://www.remi-vincent.com/  http://www.facebook.com/Tetsouille

VJ HOMING : Antoine est un vrai pro du rythme. Il travaille le mix et la structure d’images en fonction du son. Le résultat est toujours très énergique.

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©Empay

https://www.youtube.com/watch?time_continue=38&v=FCyaT7kqYJs  http://vjhoming.com/  https://www.facebook.com/vjhomingfanpage/

CRÉATION EX-NIHILO : Nouveau cette année sur l’affiche d’Igloofest, Guillaume a développé tout un univers graphique et coloré dans le dôme de la SAT. Sa particularité est qu’il voyage dedans avec une manette de jeu. À date c’est celui qui a l’approche la plus geek.

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O\\\ : Tout nouveau talent. On parle d’un grand passionné de musique qui danse derrière son ordi durant ses sets. On trouve beaucoup de 3d dans son travail qui laisse encore une grande place à la découverte et aux surprises.

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https://vimeo.com/195852020  http://0lll.co/

DIAGRAF : Valeur sûre et « vieux de la vieille » des Vjs d’Igloofest. On parle d’un univers techno, organique, minimal où règne le noir et blanc et les paysages futuristes et scientifiques.

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https://vimeo.com/118672434   https://www.facebook.com/Diagraf

YANNEEK : On retrouve beaucoup de sa musique dans son travail d’images car il est Dj avant d’être Vj même s’il est motion designer. Le minimal, la géométrie et la répétition de formes règnent dans ses véritables mandalas contemporains.

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http://yanneek.com/

VINCENT RAINERI : Ancien Fils de Baillat Cardell & Fils, Vincent travaille une géométrie très colorée avec beaucoup de jeux d’optique.

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http://www.vincentraineri.com/   https://www.instagram.com/vincent_raineri/

BBBLASTER : Le projet est un duo féminin français. On travaille avec l’une des artistes qui vit à Montréal (Dalkhafine). Sa touche est très particulière et assez hallucinante puisque les 3/4 de ses loops d’inspiration tribale et africaine sont dessinées à la main et ont pour origine son carnet de voyages personnel…

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https://vimeo.com/160400126  http://bbblaster.tumblr.com/  https://www.instagram.com/dalkhafine/

PUSH 1 STOP : La deuxième geek du week-end. Elle travaille en génératif dans son logiciel de Vj sur le mélange varié (avec sa propre réactivité mais aussi avec celle du son généré par les Djs) d’images avec un design 3D étonnant. Le tout donne un effet très réactif avec la musique, vraiment dynamique.

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©itsbarbarella

https://vimeo.com/195684573  http://www.push1stop.com/

  • En tant qu’artiste Vj, ton meilleur souvenir serait ?

La première fois où j’ai joué à Montréal, c’était pour Cinematic Orchestra au Club soda. J’étais tellement nerveuse et ça s’est vraiment bien passé. C’était un moment très important pour moi.

  • Le pire ?

La fois où j’ai joué sur une structure d’acier de 3 étages sans paratonner ni toit et que l’orage nous est tombé dessus. On a tous failli perdre notre matériel ce qui ne semblait pas stresser les organisateurs…

  • La performance dont tu es la plus fière ?

J’en ai pas une en particulier, mais quand j’ai des retours des gens après c’est suffisant pour me dire que c’était une belle gig.

  • Celle que tu rêverais de réaliser si tout était possible ?

Je suis déjà pas mal comblée là dessus. En travaillant avec Igloofest et Mutek, je suis déjà dans la musique que j’aime.

  • Quelle est la chose qu’un Vj aime entendre à propos de son travail ?

Que quelque chose dans ses visuels a vraiment touché. On sent vite la sincérité dans ce genre de propos.

  • Et ce qu’il ne faut jamais lui dire ?

“Tu peux passer ma tune?!!” Même si on est toujours installés en fond de salle on nous pose encore la question…

  • On finit avec notre question fétiche : un .gif qui te représente bien ?

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Les visuels de Ma” seront à nos yeux le vendredi 3 février pendant le set de Softcoresoft.

Article paru le 12 janvier 2017 sur le Devoir par Philippe Renaud

De la musique à vos yeux à l’Igloofest

La scène montréalaise des VJ gagne en popularité

12 janvier 2017 | Philippe RenaudCollaborateur | Musique
La marque de l’Igloofest, c’est son environnement unique, campé sur un quai du Vieux-Port, et sa scénographie, avance Marion Carassou-Maillan, directrice de la programmation VJ.

Photo: Peter Ryaux LarsenLa marque de l’Igloofest, c’est son environnement unique, campé sur un quai du Vieux-Port, et sa scénographie, avance Marion Carassou-Maillan, directrice de la programmation VJ.

Dès ce jeudi soir, les amateurs de rythmes électroniques seront bien servis alors que s’ouvre l’édition spéciale du 375e anniversaire de Montréal de l’Igloofest, qui se déroulera jusqu’au 19 février. Les sélections des DJ invités ne constituent cependant qu’une partie du plaisir que l’on y prend puisque le décor, les scènes et les jeux de lumière y sont tout aussi importants. Des installations qui constituent un extraordinaire canevas de travail pour les héros lumineux de ce rendez-vous hivernal, les vidéo jockeys (VJ), confirme le vétéran montréalais TiND, qui considère Igloofest comme « l’événement mettant le mieux notre travail en valeur ».

La marque de l’Igloofest, c’est son environnement unique, campé sur un quai du Vieux-Port, et sa scénographie, avance Marion Carassou-Maillan, directrice de la programmation VJ. « Le visiteur y trouve une expérience, une ambiance, abonde-t-elle. Et c’est l’ensemble qui va créer ce souvenir — pas seulement le DJ ou seulement le VJ. Or chez nous, les VJ sont appelés à travailler avec une scénographie particulière », avec des écrans partout autour du plancher de danse. « Le spectateur ne regarde pas seulement devant lui, les images l’entourent et ce côté immersif amène les VJ à expérimenter hors cadre. »

Marion Carassou-Maillan, alias VJ MA, assure également la programmation des VJ pour le festival MUTEK, une autre grande vitrine pour le talent des artistes vidéo jockeys d’ici. L’Igloofest, cependant, occupe une place spéciale pour ces créateurs : « On se sent toujours choyés d’y participer — disons que c’est un contrat très couru par tous les VJ », confie Francis Théberge, alias TiND, dont on verra le travail dès ce jeudi, à l’Igloofest.

Vitrine grand public

Graphiste de formation, il s’est tourné vers la vidéo de performance à la fin des années 1990. « Au début, je jouais en boucle des bouts de films d’animation, puis ça s’est raffiné. » La discipline elle-même a pris du galon depuis, notamment grâce à l’implication des dirigeants de la Société des arts technologiques (SAT). « La SAT, avec ses événements Mixsessions qui mariaient un DJ avec un VJ, a signalé le début de la vraie scène VJ à Montréal », au moment où Moment Factory naissait et où MUTEK et ELEKTRA prenaient leur envol.

La scène VJ à Montréal n’est pas très grande, concède VJ MA, mais elle gagne en popularité. Sa vitalité est notamment alimentée par les étudiants du programme multimédia au cégep Maisonneuve, ou encore du programme de musiques numériques de l’Université de Montréal, où étudie la musicienne et vidéaste Myriam Boucher. Elle performera pour une seconde année de suite à l’Igloofest, qu’elle considère comme une « vitrine grand public » de choix pour des créateurs de sa trempe. « Un environnement où le spectateur est complètement en immersion, c’est ça, l’Igloofest. En tant que VJ, le but est de faire vivre une expérience sensorielle, visuelle, unique. Ça m’inspire. »

« Je viens de la musique électroacoustique. Dans ma pratique, j’ai l’habitude de développer la vidéo en lien avec la musique, mais dans un contexte disons moins accessible… [Le milieu de] l’électroacoustique évolue en circuit fermé, même si des événements grand public démontrent une ouverture » à cette discipline aride au premier coup d’oeil et qui appartient beaucoup au milieu universitaire. « Pour moi, faire VJ, c’est avoir carte blanche. J’aborde ce travail comme je le fais avec ma musique électro-acoustique, or c’est le contexte qui change. Je m’y adapte, en proposant des images plus colorées, par exemple, et au bout du compte, faire VJ reste un terrain d’expérimentation très ouvert, même si c’est plus accessible. »

Lauréate de la bourse Euterke destinée « à soutenir la nouvelle génération de créateurs du numérique », Myriam Boucher s’est également distinguée à l’international grâce à deux de ses oeuvres. Candidate à la maîtrise, sa recherche porte sur l’écriture musicale de l’image à partir des fondements de la musique électroacoustique : « J’aborde la matière visuelle comme de la matière sonore, et je me base sur des fondements musicaux pour montrer l’image et la définir : les mouvements, les couleurs et les relations qu’elles peuvent engendrer sur le plan de la perception. »

Ainsi, c’est à l’intersection de l’image et de la musique que le travail du VJ prend son sens, ainsi que l’explique VJ MA, dont les choix de programmation sont guidés « principalement par une réflexion autour de la relation entre image et son. C’est le plus important dans le travail du VJ : la performance, le travail scénique en temps réel. C’est ce que je veux mettre de l’avant, une cohérence entre DJ et l’artiste visuel auquel on l’associe. »

Le travail du VJ consiste en amont à écouter et à comprendre celui du DJ invité, et de choisir les bonnes images pour le type de musique qu’il sera susceptible de diffuser. « Parfois, le visuel cadre parfaitement, et souvent, c’est un pur hasard, explique TiND. On pige dans notre banque d’images, ou on crée du nouveau visuel spécialement pour l’occasion », ce qui exige beaucoup de temps. « Être VJ, ajoute TiND, c’est être créateur-vidéaste. Le VJ est souvent aussi motion designer, créateur 3D, même créateur d’effet spéciaux » comme VJ Push 1 Stop (Cadie Desbiens), qui a adapté ses techniques de création d’effets numériques pour faire VJ.

« Elle est hallucinante, faut pas la rater ! » insiste Théberge. Push 1 Stop habillera la performance de la tête d’affiche musicale, l’Allemand Apparat. Ouvrez grand vos yeux, et nul besoin de porter une seconde paire de bas, la soirée s’annonce clémente, à 3 °C.

Sur le blog de Live Inside, le 22 février 2017

 

We talked to Igloofest VJs Chocobeets and Push 1 stop last year, and now we got the chance to meet VJ Ma, who has bit more involvement with the festival than just performing.

Tell us about how you got started with Igloofest and what your current position involves.
The first time I was at Igloofest was in 2008, and I was a VJ. It was pretty small at the time, and about two or three years after, Marie-Laure, who handles bookings, asked me to manage all the VJs because I know the whole business and community in Montreal. I said of course, and that was amazing for me to express myself with something I like a lot and to communicate the creation that we have here through VJ’ing. It’s a special practice and we have a lot of talent here with different artistic ways and different ways of thinking. It was quite complicated to have a lot of VJs with all the gear, but after that, tech changed very fast in video and we now have smaller stuff, a smaller technical way of doing it so we have more places for VJs and now have three per night. I think we were like 12 VJs at the beginning, and now we have 26 VJs.

That’s quite a crew. Are all the VJs local?
They’re all from Montreal. When you’re a creator, you know a lot of people around. My specialty is very much in VJ’ing and I know a lot of ppl working in motion design for events and concerts. I was always very interested in how each of them want to work and how they want to express themselves in visuals and how the relation between sounds and visuals work for them. I find new talents like this, and with Igloofest, we have a scholarship for new creators and the winner can come work for us. It’s very cool for me to have new people come here because I can talk with them to find out how they feel music, how they want to respond with their work, and how do you want to make it.

What’s the software standard?
The main software programs are Resolume and Modul8. Modul8 is like Photoshop stuff with layers so you can trigger your stuff live. Resolume is more square, a very different way of mixing. Depending on what you want to do, you’ll find your place in one or the other. We have people generating visuals, too. There’s a software for PC we called TouchDesigner; all the stuff you create in the software you can pass through others and build up a special way of mixing.

Do you design your own graphics? Is it encouraged for the VJs you bring on to the festival team?
Yes, and I try to do that with all VJs, to push them to create their own stuff. That’s one thing I love to work with when I do the programming, to find the essence of one VJ and match them with the right DJ. It’s very important for me that people have their own creations and the best way to show their work.

blog paru sur modul8.us en août 2013

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Was verily impressed by breadth of work presented above by vj Ma”. The work covers a broad swath from minimal to elaborate geometry.

There plenty very good examples where the performers are within the projection field with no other lighting, so that when there is very little light it almost looks like we are looking at a graphics element dropped directly into the editing timeline, that is, not projected. When more illumination becomes available we are suddenly aware of the physical presence again. This kind of illusion works well in terms of disorienting me in a pleasant way, in that it makes poetry out of our perception of foreground and background, flat and elaborately volumetric.

This seems to be to point to one of the essences of video and lighting for live performances. The two must become one to the viewers mind. It does not require a lot to do this. In fact most of the time I have observed that it take a lot less than more.

article paru dans Convergence en mars 2012

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article paru dans le blog de Nous sommes les filles pour Elle Québec en mars 2012

Marion Carassou-Maillan

Marion est originaire de France. Lors de sa formation en arts appliqués, elle a découvert l’utilisation des différentes pratiques de l’image assistée par ordinateur. En 2004, au cours de ses études en beaux-arts à Marseille, elle s’est familiarisée avec différents médiums (peinture, dessin, photo, vidéo). Sans trop savoir ce qu’elle faisait, elle s’était mise à faire du vjing. Elle travaille aujourd’hui sous le nom de VJ Ma”.

En 2005, elle a créé Vizual Contakt Lab, la première résidence VJ en France. Ce projet a pris forme en collaboration avec le collectif Aïe Prod, qu’elle avait rencontré au LAP (Lieu alternatif protéiforme), à Gap, en France.

En 2007, elle réalisait des expériences vidéo avec des performeurs, des danseurs et des graffeurs. C’est cette année-là qu’elle a décidé de venir s’installer au Québec.

Depuis, Marion a joué au Festival international de Jazz, aux Francofolies, au Recon Festival, à l’Igloofest, à Montréal en lumière, à la Nuit blanche et au festival Mutek.

De 2008 à 2011, elle effectuait de la réalisation vidéo. Elle a été vidéaste et VJ pourL’actualité musicale selon Bande à part (une baladoémission hebdomadaire de 20 minutes) et Extatique (émission hebdomadaire de 6h en direct sur le web et la radio).

Ses images ont été à l’honneur lors de plusieurs concerts, entre autres ceux de Cinematic Orchestra, Beast, Band de Garage, Nathan Fake, Pépé Bradock, Sébastien Léger, Payz Play, Green Velvet, Ghislain Poirier, Misteur Valaire, Despised Icon, Duchess Says, Radio Radio, Bad Company, Banditos, Interlope, Manu le Malin, Holy Fuck, Radium, Heretic, F*cked Up, We are Wolves.

Récemment, Marion a assuré la coordination et la programmation VJ de l’Igloofest 2012. Elle a aussi œuvré comme VJ pour le festival Montréal en lumière et à la soirée Bande à part au Métropolis à l’occasion de la Nuit Blanche.

Elle étudie actuellement en gestion d’événements.

SES MENTORS ET INFLUENCES :
« Dans ma vie personnelle, mes parents, mes plus proches confidents et meilleurs conseillers de vie.
Dans ma démarche créative, ce fut mon professeur et ami Jean-Louis Garcin.
Dans ma vie de tous les jours, l’homme que j’aime, qui vit à mes côtés et qui m’appuie aussi dans mon travail : mon complice, un passionné de vidéo et aussi un très bon conseiller.
Sans oublier mes amies qui me soutiennent dans tous les moments de vie : Julia, Marie-Laure, Aurélie, Lalie, Anaïs.

Mes influences sont partout, dans tout ce que je vois au quotidien, dans la rue, la nature, le design, la culture, l’architecture, la musique, la danse… mais aussi à travers toutes les belles rencontres que j’ai pu faire, à travers tous les beaux échanges que j’ai pu avoir. J’absorbe les émotions de la vie. »

LIENS WEB :
Son site Web
Sur Facebook
Son blogue

* Maquillage et coiffure par Dominique T.Hasbani/Gloss artistes

blog paru sur le site web de Bande à Part en février 2010

VJ MA”, c’est notre VJ à nous. Enfin, pas juste à nous, mais bon, elle est à nous quand même, du moins bi-mensuellement, alors qu’elle assure la version vidéo de la balladodiffusion L’actualité Musicale de Bande à Part.

VJ MA”, qui a créée la plateforme Quadbyte Vidéo, aime par dessus tout les substances, toucher la matière, jouer avec les transparences et les supperpositions, ce qui en fait une vjette pas comme les autres.

C’est d’ailleurs VJ MA” qui nous éclatera les pupilles durant le bal masqué que propose Bande à Part dans le cadre de la Nuit Blanche à Montréal, le 27 février prochain.

En attendant, découvrez sa démarche dans cette entrevue réalisée par Mange ta Ville.

11 février 2010

Madeleine Arcand pour Bande à Part

VJ Ma” à Mange ta ville

émission diffusé en 2009 – saison 4.

Cette semaine dans son épisode sur le futurisme, Mange ta Ville rencontre Vj Ma” lors d’une session d’enregistrement et de création vidéo lors sa résidence à Bande à Part, radio de musique alternative francophone de Radio Canada.
A visualiser sur le site de Mange ta Ville.

[interview Ma”] mon studio vj, mon matos

blog paru sur lecollagiste.com en octobre 2006

Le blog sur la culture du VJING lance une série d’interviews et fait un p’tit état des lieux du plan de travail des VJ’s francophones et du matériel qu’ils utilisent.

On se pose souvent la question, dans quelles conditions travaille un(e) VJ ?
Jusqu’où va la passion des furieux du visuel en temps réel ?
Pour certains, un coin de bureau, pour d’autres une pièce dédiée au studio vidéo… Le matériel d’un VJ ne fait pas le VJ, mais il contribue à l’aider dans sa discipline.

The blog of the Vjing launches a series of interviews and makes a short inventory on workplace of french VJ’s and the material which they
use. We often raises the question, under which conditions works a VJ?
Until where the passion of furious of visual in real time goes?

For some of them, a corner of office, for others a place dedicated to the video studio… The material of a VJ does not make the VJ, but it contributes to help it in its
discipline.

Aujourd’hui MA” qui répond à l’interview par mail :

Today MA” which answers the interview by mail:

– De combien d’espace disposez vous ? (bureau, studio, labo etc … en m²)

– How space have you to work? (office, studio, laboratory etc… in m²)

Nous sommes à deux dans un salon bureau atelier d’environ 15 m2

We are two in a living room – office – workshop of approximately 15 m2

– Quel configue avez vous ? (Mac / PC) une description rapide (Processeur, memoire, disque dur etc …)

– Which configuration do you have? (Mac/PC)  fast description (Processor, memory, hard disk etc…)

Je travail sur un Mac powerBook G4, 1 Go de ram, 80GoDD, 1, 25 Ghz avec 2 disk extern Lacie de 160 Go

I work on Mac powerBook G4, 1 Go of RAM, 80GoDD, 1, 25 Ghz with 2 external disks Lacie of 160 Go

– Quel est votre configue sur scène ?

– What is your configuration on scene?

1 portable
1 ventilo,
1 contrôleur midi
1 proj

laptop + midi controler and a projector

– Sur quel système informatique tournez vous ?

– Which computer processing system do you have?

MAC OS X 10.4.7

– Quel sotf utilisez vous ?

– Which software do you use?

Modul8

– Avez vous un vidéo projecteur ? (si oui lequel ?)

– Do you have a videoprojector? (if yes which one?)

Oui, un ACER PD 525D

– Avez vous une table de mixage vidéo ? (si oui laquelle ?)

– Do you have  a video mixtable ? (if yes which one?)

Non

– Avez vous une caméra ? (si oui laquelle ?)

– Do you have a camera? (if yes which one?)

Non, j’empreinte celle de mon copain, une PANASONIC  3CCD NVGS 400

I take my boyfriend’s camera , a PANASONIC 3CCD NVGS 400

– Avez vous un ou des lecteurs DVD ? (si oui lequel ?)

– Do you have DVD readers ? (if yes which one?)

Heu, oui un pourris à 30 euros…

        Yes, a quite good cost 30 euros…

– Avez vous un ou des retours vidéo ? (si oui lequel ? quel type d’écran, TFT, LCD, CRT etc …)

– Do you have video returns? (if yes which one? which type of screen, TFT, LCD, CRT etc…)

Nan, ca manque d’ailleurs..

No, I miss it.

– Avez vous un écran ou plusieurs ? (si oui quel type et taille)

– Do you have a screen or several ones? (if yes which type and cuts)

1 écran à la base mais on fait une récup de vieux moniteurs 17 et 19 pouces…

       1 screen but we make recover of old monitors 17
and 19 inches…

– Combien de temps cela vous prend pour la réalisation de vos boucles ?

– How long do you take to realize loops?

Ca dépend… Ca peut prendre 10 min comme quelques jours suivant les bidouilles que je crée avant.

It depends… It can take 10 min as a few days. It depends on the do-it-yourself  I create before.

– Quel soft de montage vidéo utilisez vous ?

– Which video software do you use?

Finul Cut Pro

Ma”

Artiste membre du collectif aïe prod.
Une vjette qui puise son inspiration au travers de la peinture et de la création.
“Bidouilleuse cathodique”, créatrice d’expériences visuelles, juant sur les substances,la matière, les transparences, les supperpositions jusqu’à une recomposition visuelle hors du réel, elle
joue un set  visuel au rythme de la musique comme une peinture vidéo éphémère.

installations vidéos, performances, réalisations audiovisuelles, créations visuelles

Artist member of Aïe Prod. She draws its inspiration through painting and creation. “Cathodic Handyman”, creative of visual
experiments, playing with the substances, the matter, the transparencies, the supperpositions until a visual recombining out of reality, she plays a visual set at the rhythm of the music like a
ephemeral video painting.audio-visual videos installations, performances, visual creations.

Merci pour leurs contributions : Thanks for their contributions: Charlie Mars, Aalto, Ma”, HPnotiK, legoman, VJDesign, VJ 2280, Bombalkak, Zero, MaoLampoule, Rezo, System D, gyomh, ikar, RiripataFix, Zed, Kosmos 4000, eM°T|v, Dennis Dezenn et Crustea

article de presse paru dans le Dauphiné Libéré le 4 juin 2006